Procédures et réglementations

Comment sécuriser son chantier et se protéger ?

Par Nicolas , le 30 mai 2022 — 6 minutes de lecture
Sécuriser et se protéger sur un chantier

Les cas d’entreprise ou d’entrepreneurs poursuivis en justice par les familles de victimes d’accident de travail en chantier sont très courants, car ces derniers n’ont pas su faire preuve de vigilance ou faire ce qui est nécessaire, selon les normes prévues par la réglementation en termes de sécurisation de chantier. Les statistiques des accidents de travail en Occitanie peuvent témoigner du nombre incalculable d’accidents professionnels. En d’autres termes, un chantier est une zone dangereuse. Des outils, des engins, des matériaux de construction, des machines occupent l’espace de la zone de travaux, alors il est primordial d’adopter les bons réflexes de sécurité : signaler et protéger.

C’est pourquoi les mesures de signalisation, de sécurisation et de protection des personnes sont un sujet incontournable sur tous types de chantiers.

La configuration des mesures de signalisation, de sécurisation et de protection des personnes imposée par la réglementation

La durée d’un chantier doit respecter ce qui est défini dans le cahier de charge. Il est alors par nature temporaire. Pendant ce laps de temps, la configuration des routes, des accès, le comportement des usagers sur les lieux peut changer. En ce sens, les personnes présentes sur la zone de chantier, où des travaux sont réalisés et qui éventuellement accueille des engins, sont exposées à un danger imminent sans des mesures de protection et signalisation adaptées.

Le premier réflexe de protection à adopter dans un chantier est le port d’équipements de protection individuels, communément appelé dans le métier du BTP ou génie civil par EPI. En effet, la logique est de protéger son corps. Par ailleurs, un minimum de protection et des équipements de signalisation comme les EPI doivent alors équipée ou être à la disposition des intervenants sur le chantier.

Tout intervenant sur le chantier doit avoir à sa disposition ses EPI, lui permettant d’assurer sa protection individuelle (chaussures de sécurité, lunettes de protection, gants, masque, combinaison de travail, etc.).

Entreprise employant des ouvriers, entrepreneur artisan, propriétaire des lieux, la responsabilité appartient uniquement à chacun d’eux en cas de problèmes ou dans le cas d’un chantier qui induit à l’accident des intervenants. Vigilance et prudence sont ainsi les maîtres mots pour se protéger du moindre risque.

En cas de chantier sur la voie publique, il est impératif de disposer d’un arrêté de circulation. À apposer sur un panneau et disposer à chaque accès de la zone de chantier, l’arrêté de circulation doit y figurer selon la réglementation de signalisation en vigueur. Cette autorisation est délivrée par le maire, le conseil général ou la préfecture, et vise à permettre la mise en place de signalisation temporaire.

Dans tous les cas, les risques sont gros en cas de manquement aux obligations de sécurité et qu’un accident se produit sur le chantier, notamment si les intervenants (entreprise, entrepreneur, propriétaire) ne disposent pas des EPI. Ils engagent leur responsabilité civile et pénale et sont passibles de sanctions pénales. En ce sens, prendre des précautions reste la meilleure solution comme de s’informer sur le fonctionnement des assurances en cas d’accident.

Comment sécuriser un chantier et protéger les personnes ?

Signaler le chantier et avertir ce qui l’entoure

Une mesure de sécurisation et de protection qui relève d’une obligation légale, notamment pour un chantier sur la voie publique, est la mise en place de barrières et de panneaux de signalisation.

La signalisation temporaire permet d’informer les usagers de la route dans le cadre de travaux. Elle regroupe un ensemble d’éléments de signalisation qui permettent de prévenir toutes modifications de la voirie, et éventuellement, des allées et venues d’engins dans la zone de travaux.

Panneaux d’indication, barrières, signalisation d’approche, signalisation de position, signalisation de début et fin de prescription sont à retrouver sur Seton. Ils permettent tous d’avertir les usagers des dangers éventuels présents sur un chantier et se prémunir d’accident en tout genre.

Des EPC, des équipements pour une protection collective

Il est impératif de sécuriser toute la zone du chantier. Ici, il est question d’appliquer des normes de sécurité qui visent à délimiter les zones stratégiques ainsi que les abords du site au moyen de panneaux de signalisation, plots ou des bandes de sécurité.

Un chantier hautement sécurisé et répondant à la réglementation pour la protection des personnes et des intervenants doit disposer de matériels de prévention contre l’incendie, de filets de sécurité, d’échafaudages et de garde-corps.

Il ne faut pas également sous-estimer l’importance de la logistique sur un site de construction ou de démolition. Les ciments, les outils, le sable, etc. doivent être entreposés dans un endroit précis qui va servir de zone de stockage, comme des hangars et des tentes pour favoriser une bonne gestion et prévenir de tous types d’accidents.

Des EPI pour la protection individuelle des personnes et intervenants

L’obligation d’un employeur ou d’un entrepreneur artisan est de prévoir, pour améliorer la sécurité et se protéger contre les éventuels dangers sur un chantier, des EPI ou équipements de protection individuelle, au même titre que les visiteurs.

Assurer la sécurité physique est primordiale, alors les intervenants des chantiers qui accueillent des engins pour la réalisation des différents travaux doivent disposer de combinaisons de travail conformément au marquage CE, de casques de sécurité répondant à la certification CE et aux normes NF EN 397, de lunettes de protection, de gants, de chaussures de chantier, de masques de chantier, de protections auditives, de gilets de visualisation EN 471 et de dispositifs anti-chute.

Autre obligation de sécurité : la gestion des déchets

Qu’il s’agisse d’un chantier de construction ou de démolition, il est impossible de ne pas produire de déchets inertes (emballages, terre et matériaux de terrassement, pierres naturelles, céramiques) et de matériaux de démolition inertes (tuiles béton, briques, parpaing, etc.).

La propreté et l’hygiène de la zone du chantier sont également des mesures à considérer pour sécuriser le chantier et protéger chaque personne qui y circule. Il suppose ainsi une bonne gestion des déchets, l’objectif étant qu’il soit propre et dégagé. En effet, l’éparpillement et l’entassement des déchets peuvent conduire à des accidents (coupures, chutes, glissades, chocs…).

Les déchets doivent être triés et entreposés dans des contenants appropriés. Certains iront droit à la déchetterie tandis que d’autres pourront être recyclés et valorisés.

Le feu n’est pas autorisé selon les dispositions prévues par le code de la santé publique en termes de gestion de déchets de chantier.